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Ecrire avec Antidote

Le travail d’écriture est de loin le plus complexe pour des enfants souffrant de Troubles Spécifiques du Langage. En effet, ils éprouvent beaucoup de difficultés à maîtriser les trois phases fondamentales que sont la programmation de l’écrit, sa réalisation et la relecture. Si nous avons déjà évoqué sur ce site des pistes pour aider à la rédaction et à la relecture, il s’agit ici de s’intéresser à un nouvel outil : Antidote, qui mêle correcteur et dictionnaires. Si son intérêt est avéré pour un travail auprès d’élèves ne souffrant pas de troubles, notre problématique a été de voir si Antidote répondait aux besoins des dyslexiques.

 

  • I- Contexte pédagogique

             Pour se faire une idée précise des qualités et des défauts d’Antidote, nous l’avons utilisé sur un corpus d’une trentaine de copies allant de l’écriture longue de plusieurs pages au simple exercice d’écriture de phrases isolées.
En outre, nous avons réparti les erreurs envisagées en quatre catégories : syntaxe, ponctuation, lexique et grammaire. Ces catégories sont elles-mêmes subdivisées en sous-catégories comme indiqué dans ce tableau.

 

  • II- La mise en œuvre

             Les textes ont été tapés en maintenant toutes les erreurs et sans qu’intervienne à aucun moment le correcteur du traitement de texte employé.
Puis, a été lancé le correcteur d’Antidote et ont été dénombrées les erreurs pour lesquelles le logiciel proposait une solution ou bien soulignait un aspect incongru de la langue. On a ensuite le nombre d’occurrences omises par Antidote.

La catégorisation des erreurs  a alors permis de savoir où se situaient les points forts du correcteur mais également la nature de ses carences.

 

  • III- Conclusions

 

           Cette méthode ne remet en aucun cas en question la qualité intrinsèque du logiciel. Néanmoins, elle révèle qu’Antidote est déstabilisé par l’irrégularité des erreurs commises par les dys. Antidote agit par rapport à une norme que le déficit phonologique des élèves atteints de Troubles Spécifiques du Langage met à mal. Ainsi, on remarque que le correcteur accepte beaucoup d’homophones erronés par rapport au contexte sans se poser la question ou, tout du moins, suggérer une certaine méfiance.
Certes, on ne peut lui demander de tout corriger mais peut-être de pointer du doigt l’erreur possible. Autre carence, les entorses faites à la cohérence temporelle. Un verbe au passé dans un texte entièrement au présent n’est pas identifié.
Enfin, alors que les dys ont une fâcheuse tendance à omettre la ponctuation et à produire des textes « au kilomètre », Antidote ne propose rien quant à ce problème de segmentation.

Est-ce à dire qu’il faille laisser de côté Antidote ?

La réponse est non car le logiciel présente de bons résultats sur l’orthographe lexicale, sur les accords (déterminant-nom ; sujet-verbe ; adjectif-nom) et sur la confusion phonologique. Cela est cohérent puisque sur ces points les bases qui servent de repères au logiciel ne sont pas invalidées par les erreurs des dys.
Antidote apporte donc une réelle plus-value dans la correction et a sa place dans le travail sur l’écriture en classe. Néanmoins, par rapport aux productions des élèves dys, il présente encore des lacunes et doit rentrer dans un système de « filtres » de relectures successives.

 

  • IV- Pourquoi utiliser les Tice?

            L’outil numérique parfait n’existant pas, il convient d’envisager les plus-values qu’apporte Antidote dans les différents exercices d’expression écrite.
Tout d’abord, cette utilisation répond à une préconisation des programmes de Français : « L’élève apprend par ailleurs à consulter et à utiliser régulièrement et méthodiquement le dictionnaire, le manuel de grammaire, le guide de conjugaison ou encore à se servir, avec discernement et sans y voir un outil qui le dispenserait de la réflexion, d’un logiciel de correction orthographique adapté. »
A ce titre, Antidote est un très bon outil puisqu’il ne se contente pas de pointer du doigt les erreurs commises mais propose des éléments de réflexion afin de mieux comprendre ces erreurs.
Ainsi, il fait partie des outils numériques qui méritent un apprentissage afin de rendre l’élève plus rapidement autonome dans cette phase de relecture si difficile à mettre en place parfois.
En effet, grâce à Antidote, la relecture, la correction sont valorisées et l’élève prend conscience visuellement de l’amélioration de son texte.

Enfin, la présentation des informations sous forme d’info-bulles évite la surcharge cognitive qui guette les dys, et plus largement, les élèves en difficulté. A chaque erreur correspond une remarque, une proposition.

 

  • V- Pistes pédagogiques complémentaires

Nous n’avons envisagé ici qu’un aspect d’Antidote, celui du correcteur mais ce logiciel propose également d’autres fonctionnalités très intéressantes comme les prismes : prisme de correction, prisme de révision, prisme des statistiques, prisme d’inspection.
Chaque prisme représente à lui seul un objectif de relecture et cela peut permettre à l’enseignant de choisir parmi tous les prismes en fonction des besoins de chaque élève et du domaine à travailler. Il semble même possible d’envisager une progression annuelle pour la maîtrise de l’ensemble.

  • VI- Validation du socle commun

L’utilisation d’Antidote répond certes à une préconisation des programmes mais permet également la validation du Socle commun des connaissances et des compétences :

C1.2.4 « Utiliser ses capacités de raisonnement, ses connaissances sur la langue, savoir faire appel à des outils variés pour améliorer son texte ».

 

Philippe GODIVEAU

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