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Approche du handicap

TBI, handicap et homophones

            Les programmes de Français de 2008 ont été marqués par un accroissement du nombre d’homophones à étudier sur l’ensemble des quatre années de collège. En effet, à la lecture des travaux écrits de nos élèves, on ne peut nier que l’homophonie soit un problème majeur face auquel ils sont souvent démunis faute d’une réflexion suffisante sur les formes à utiliser au moment même de l’écriture. Si cet apprentissage est délicat pour tous les élèves, c’est un véritable cauchemar pour ceux souffrant de troubles spécifiques du langage puisqu’ils peuvent accuser une déficience de la conscience phonologique (association graphème-phonème), un déficit de la mémoire de travail et de l’automatisation par la mémoire procédurale.

Ce scénario propose donc d’apporter une solution en ayant recours au Tableau Blanc Interactif (TBI/TNI) afin de développer des processus mnémotechniques.

 

 

  • I- Contexte pédagogique

 

            Si les élèves atteints de troubles spécifiques du langage ont du mal à mémoriser les informations à moyen et long terme ; en revanche, ils sont très sensibles aux formes et aux couleurs. Ce scénario part donc du postulat qu’en associant à chaque homophone une image, cette dernière favorisera l’identification du mot et de son contexte d’utilisation.

En outre, le Tableau Blanc Interactif, par la maniabilité de ses calques, va permettre de procéder par étapes dans la résolution de la situation-problème dont l’une d’entre elles consistera en une verbalisation systématique par l’élève du processus qui l’a amené à faire son choix.

 

 

  • II- Mise en œuvre

 

1-        Tout d’abord, un texte, présentant toutes les formes de l’homophone [SƐ] et sur lequel les élèves ont travaillé chez eux, est affiché au TBI. Les élèves viennent à tour de rôle procéder à l’identification des formes grâce au surligneur. Peu à peu, se constitue donc un corpus d’occurrences.

 

2-        Une fois le corpus établi, deux « couples » sont définis : ses / ces ; sais, sait / c’est.

Ils sont notés dans un encadré sur le polycopié du cours et aussitôt associés à une icône qui tente de rappeler leur sens. L’enseignant prend alors le temps d’expliquer la méthodologie mise en place et la signification de chaque icône.

Cette étape assimilée, le professeur en vient aux moyens propres à l’étude de la langue et qui permettent d’élaborer une procédure de reconnaissance : l’explication du choix de l’homophone par rapport au contexte, puis la substitution d’une forme à une autre (ces / cette ; ses / sa…).

 

3-        Un deuxième texte est ensuite proposé au TBI pour placer l’élève en situation de recherche en semi-autonomie. En effet, grâce au TBI, chaque homophone est masqué par une icône spécifique. Commence alors un travail à la fois de construction du sens, d’identification de la forme adéquate et de mémorisation à court terme. Chaque élève entérine son choix sur sa copie au crayon à papier.

 

4-        La correction est faite est commun. Un élève vient au tableau et indique tout d’abord qu’elle icône il a choisie. L’enseignant lui demande alors pourquoi il a fait ce choix et d’épeler la forme qui se cache derrière. De cette façon, l’élève se livre à une métacognition en réfléchissant sur la procédure qui l’a amené à faire son choix et il ancre dans sa mémoire à long terme cette procédure.

En cas d’erreur, la phase de verbalisation permet à l’enseignant d’identifier où se situe le défaut de réflexion et d’y remédier soit directement soit en faisant appel à l’ensemble de la classe.

A chaque fois, l’élève _ il est important que ce soit lui qui le fasse pour la mémorisation_ commence par supprimer l’icône laissée de côté puis l’homophone disqualifié. Ainsi, reste au tableau l’icône correcte dans son contexte d’utilisation et, enfin, après l’avoir supprimée, la bonne forme de l’homophone.

5-        Pour le deuxième « couple », sais, sait / c’est, on reprend à l’identique la démarche et les étapes 2, 3 et 4.

Le professeur en profite pour évaluer l’appropriation des procédures de reconnaissance.

 

Remarque : Selon le degré de difficulté rencontré par les élèves, on pourra mêler ou non dans le même texte au couple sait / c’est le premier couple vu dans la séance.

 

6-        Cette séance seule ne peut suffire pour envisager un ancrage stable des connaissances et des procédures. En outre, jusqu’ici les élèves ont avant tout procédé à des identifications mais sans passer au stade de l’écriture, de la manipulation.

Le professeur propose donc comme travail à faire à la maison un texte à rédiger et présentant un certain nombre d’occurrences pour chaque homophone.

 

On notera ici l’absolue nécessité d’une différenciation pédagogique sur ce travail afin de répondre à la fois aux besoins et aux difficultés de chaque élève. Cependant, dans ce cas particulier, elle ne portera pas sur le nombre de lignes à rédiger car réduire ce nombre au lieu d’aider les élèves en difficultés ne ferait qu’accroître la contrainte puisqu’il faudrait conserver le même nombre d’occurrences que les autres dans un texte plus court. Ici, on différenciera la pédagogie soit en envisageant un ou deux couples d’homophones, soit en diminuant le nombre d’occurrences à insérer pour chacun.

 

 

III- Pourquoi utilise le TBI ?

 

            Tout d’abord, le Tableau Blanc Interactif permet ici de réaliser des manipulations impossibles avec un tableau traditionnel. Le fait de recourir aux calques assure une progression visuelle en adéquation avec le raisonnement tenu. Chaque étape de la réflexion se traduit concrètement au tableau. L’outil favorise la métacognition.

            La similitude entre le document présent sur la table de l’élève et celui projeté au tableau représente un atout majeur pour ce genre d’élèves. Les repères visuels restent les mêmes, et l’on évite les confusions, les erreurs récurrentes dans une simple correction orale.

            De manière générale et pour toute la classe, on dédramatise l’erreur commise au tableau. En effet, revenir à un état antérieur du document se fait en un clic avec le TBI. Dès lors, l’erreur formulée par l’élève n’est plus le signe d’une carence mais une aide précieuse à l’identification du blocage présent dans son raisonnement. Le professeur peut plus facilement mener sa remédiation et valoriser l’élève qui, parti sur une mauvaise piste, parviendra néanmoins à un résultat satisfaisant.

 

 

IV- Les limites de la démarche

 

            S’il rend possible une approche différente de l’homophonie, le Tableau Blanc Interactif ne peut, à lui seul, assurer une réussite sans faille.

En premier lieu, on notera que, dans cette séance sur [SƐ], ont été laissés de côté les verbes pronominaux afin d’éviter pour les élèves une surcharge cognitive. En effet, multiplier les homophones, les icônes serait contre-productif.

Cette remarque en appelle une autre en corrélation. L’enseignant doit limiter le travail sur les homophones à l’échelle de l’année en fonction des réactions de ses élèves. Une méthode qui fonctionne  sur une séance peut perdre toute efficacité si elle est trop souvent utilisée.

 

Enfin, ce type de séance doit d’inscrire dans un parcours global où le professeur assurera au fil des semaines un retour sur connaissances pour ancrer celles-ci dans une mémoire à long terme.

 

 

V- Valider le socle commun

            Même si cette séance ne constitue pas à elle seule une tâche complexe, elle peut permettre de poser des jalons pour un travail plus ambitieux et constituer un indicateur de réussite dans l’appropriation d’une compétence notamment lors du passage au tableau ou de l’expression écrite proposée.

 

C1.1.3 Utiliser ses capacités de raisonnement, ses connaissances sur la langue, savoir faire appel à des outils appropriés pour lire.

 

C1.2.4 Utiliser ses capacités de raisonnement, ses connaissances sur la langue, savoir faire appel à des outils variés pour améliorer son texte.

 

 

VI- Quelques liens utiles

 

1- Sur le TBI

 

http://archives.infobourg.com/sections/actualite/actualite.php?id=10211

http://www.moniteur92.ac-versailles.fr/monit57/monitet57.htm

http://archives.infobourg.com/sections/actualite/actualite.php?id=15104&utm_source=BulletinInfobourg&utm_medium=Bulletin&utm_campaign=

http://sankore.org/

http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/enseigner-et-apprendre-avec-le-tableau-interactif-5.htm

http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l%92usage-du-tbi-une-amelioration-des-resultats-des-eleves-42.htm

http://recit.qc.ca/documents/ValeursPedagogiquesTBI.jpg

 

 

2- Sur les troubles spécifiques du langage

 

http://www.abc-dyslexies.fr/

http://www.apedys.org/dyslexie/index.php?op=edito

http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/les-sites-web-plus-accessibles-aux-malvoyants-et-aux-dyslexiques-33.htm

http://ww2.ac-poitiers.fr/ecoles/spip.php?article197

http://www.arta.fr/ressources.html

http://www.maitrise-de-la-langue.ac-aix-marseille.fr/mlangue/spip.php?article122

http://www.mot-a-mot.com/?page=articles&togdoc=DO&cat=DO&choix=DL&appel=articles

http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/la-charge-cognitive-et-l-apprentissage-multimedia-22.htm

 

 

                                                                                                                                                          Philippe GODIVEAU

                                                                                                                                                          Collège Jean Moulin

 

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