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Utiliser un dictionnaire prédictif pour faciliter l'écriture

Utiliser un dictionnaire prédictif pour faciliter l'écriture

    L’exercice d’écriture chez les enfants souffrant de Troubles Spécifiques du Langage (TSL) se solde bien souvent par des textes très courts et dont la principale caractéristique est un grand nombre d’erreurs de langue, voire des néologismes que les élèves prennent pour les formes lexicales attendues. La faute en incombe à une déficience de la conscience phonologique qui leur rend très difficile l’association graphème-phonème. En outre, ce premier trouble a une conséquence immédiate : une déficience de la mémoire phonologique. Ainsi, contrairement aux autres élèves, les mots rencontrés régulièrement au fil des lectures ne sont pas stockés et ne sont donc pas à disposition quand il s’agit de les mobiliser lors de l’écriture.
Ce scénario pédagogique se propose de répondre à ce problème par le recours aux Tic et plus précisément en utilisant un dictionnaire prédictif : Dicom.

  • I- Le contexte pédagogique


    Face à une copie rédigée par un élève souffrant de TSL, l’enseignant de Lettres peut se sentir démuni ne sachant pas par où commencer à cause du trop grand nombre d’erreurs.
Dans le cas d’une dyslexie modérée, un premier outil peut être le correcteur orthographique. En effet, ce dernier peut mettre l’élève sur la piste d’une erreur de langue grâce au soulignement du terme fautif. Dès lors, le professeur pourra intervenir en l’aidant à identifier le problème puis à trouver une solution à partir de ses connaissances et des choix proposés par le correcteur. Il s’agit ici d’une utilisation raisonnée de cet outil qui repose avant tout sur l’idée que l’écart entre la norme et la forme fautive est minime et ne demande qu’un réajustement.
Malheureusement, dans le cas d’un trouble sévère, la forme proposée par l’élève peut s’avérer très éloignée de la norme et cet écart peut disqualifier l’emploi du correcteur orthographique.
Il faut donc agir en amont au moyen d’un dictionnaire prédictif. Le fonctionnement de cet outil est assez simple à comprendre pour les élèves puisque la saisie prédictive est déjà présente dans les navigateurs internet et sur les téléphones portables. Le dictionnaire Dicom, choisi ici avant tout pour sa gratuité, propose au fil de la saisie par l’élève les termes envisageables. L’élève n’a plus alors qu’à se laisser guider et choisir le terme approprié au sein de la liste affichée.

  • II- Comment utiliser Dicom?

    La première recommandation consiste à l’utiliser le plus souvent possible afin que les élèves se familiarisent très rapidement avec son maniement. En effet, pour les cas les plus lourds de dyslexie, le dictionnaire sera une aide de tous les instants freinant, certes, l’écriture dans un premier temps mais lui redonnant en même temps une forme plus normée et donc plus valorisante pour l’élève au final.
Pour les autres élèves, Dicom sera un outil de proposition, de réflexion sur la phonologie qui viendra enrichir leur mémoire. Car, même si cette fonction cognitive est déficiente, on peut tout de même la faire progresser et aider les élèves à développer des stratégies de compensation.

    En outre, Dicom est un dictionnaire intelligent et évolutif. En effet, si l’élève saisit un mot que l’outil ne connaît pas _ destrier, par exemple, le dictionnaire lui proposera de l’ajouter au corpus existant. Par cette action, l’élève aura plus de chance de mémoriser ce terme et de pouvoir le réutiliser ultérieurement. On peut aussi lui faire tenir un petit lexique personnel des mots ajoutés qui favorisera la mémorisation.

  • III- Pourquoi utiliser les Tic ?

    Les Tic représentent ici ce que l’on pourrait appeler une « béquille  pédagogique », c’est-à-dire un outil qui vient palier une déficience et dont le seul but est de disparaître à un terme _ cela dépendra évidemment du degré de déficience rencontré.

Pour l’enseignant, Dicom permet de mieux gérer l’hétérogénéité de sa classe puisque l’élève, après s’être familiarisé avec le logiciel, sera plus autonome lors de l’exercice d’écriture. Par ailleurs, ce dictionnaire fonctionne très bien sur les réseaux aussi bien avec Word qu’Open Office. On n’a donc pas à se soucier d’un quelconque dysfonctionnement.

Contrairement à un dictionnaire papier _ qu’il ne rend pas obsolète, Dicom ne nécessite pas la maîtrise de l’alphabet ni de la phonétique. L’élève donne l’impulsion du terme puis le dictionnaire lui fait des propositions parmi lesquelles il doit faire son choix.

Comme tous les outils Tic récents, Dicom est très largement paramétrable pour le rendre à la fois plus efficace et plus discret. Ainsi, pour une meilleure lisibilité _ problématique essentielle avec ce type d’élève, on peut modifier la couleur de fond, la police. Afin de ne pas parasiter l’écran, on calibrera le temps d’apparition de la fenêtre,… C’est un outil qui se met au service de l’élève, ne lui impose rien et fait appel à sa réflexion.

  • IV- Les limites de la démarche

    Comme tout outil, Dicom a ses limites. Ainsi, pour que ses propositions soient efficientes, il faut impérativement que le début du mot soit correctement orthographié. Mais à l’usage, on s’aperçoit que majoritairement les mots qui ne peuvent être pris en charge ne représentent qu’un faible pourcentage.
L’enrichissement du dictionnaire par des mots nouveaux est un atout mais qui peut également se révéler néfaste si l’élève valide n’importe quel terme de son propre chef car le logiciel ne fera pas de différence entre celui correctement orthographié et une forme fautive qu’il prendra pour un mot à insérer. L’incorporation dans le dictionnaire ne doit donc être faite qu’après vérification par l’enseignant. Notons, néanmoins, que Dicom offre la possibilité en un clic de remettre à zéro sa base lexicale, c’est-à-dire de repartir uniquement avec les mots constituant le corpus par défaut.

Enfin, nulle panacée pédagogique ici. Dicom ne saurait assurer une totale autonomie de l’élève qui a besoin de son enseignant pour lui expliquer de quelle manière l’utiliser et surtout progresser avec lui. C’est un outil mais aussi et surtout une source de réflexion méthodologique.

  • V- Quelques liens utiles

 Dicom :

http://www.webcastors.net/icom/ecrire.html

http://classeprea.fr.gd/Logiciel-Pr-e2-diction-de-mots-Dicom.htm

 

Correcteurs orthographiques :

http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/correcteur/correcteur.html

http://www.druide.com/antidote.html

http://www.cordial.fr/

 

  • VI- Valider le Socle commun des connaissances et compétences

Compétence 1 :
Utiliser ses capacités de raisonnement, ses connaissances sur la langue, savoir faire appel à des outils variés pour améliorer son texte.


  • VII- Valider le B2i

2.4 Je m'interroge sur les résultats des traitements informatiques (calcul, représentation graphique, correcteur...)


Philippe GODIVEAU
Collège Jean Moulin, Nogent le Roi

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