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Lecture analytique n°1

Extrait 1 – La  débâcle, Zola – Résumé du travail de lecture analytique mené en classe.

 

Rappel : Zola (1840-1802) est le théoricien du naturalisme. Avec lui, le roman se veut scientifique et s’appuie sur une abondante documentation.
Les impressions des élèves après la lecture font apparaître trois pistes : l’aspect très technique du récit, son côté affreux et le fait que le médecin soit décrit comme un héros.
Le travail va consister à relever et expliquer ce qui dans le texte produit ces impressions.

  • 1- L’aspect technique


Zola a dû se documenter.


a- Sur l’armée d’abord : le grade de major désigne le médecin militaire .


b- Sur les opérations chirurgicales ensuite : la méthode de Lisfranc est détaillée. Des mots très précis sont employés pour désigner l’anatomie (deltoïde- artère humérale- ) . Les gestes sont précisés : «  il empoigna le deltoïde, transperça le bras, trancha le muscle ; puis, revenant en arrière, il détacha la jointure d’un seul coup ». Zola  précise dans les détails comment se conclut une amputation : pour finir , il faut « rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat. »- Zola sait également que l’usage du chloroforme est dangereux.(l.27)

 

  • 2- Un réalisme affreux


Zola décrit les horreurs de la guerre sans concession.


a-    Déshumanisation des patients : pour être efficace Bouroche doit numéroter les blessés en fonction de leurs chances de survie (« … organisait son travail, sans écouter personne. Il se parlait à voix haute, il les comptait du doigt, leur donnait des numéros, les classait : celui-ci, celui-là, puis cet autre ; un, deux, trois ; une mâchoire, un bras, une cuisse ».). Les blessés sont réduits à leur blessure.
Bouroche est totalement pris par l’aspect technique de sa tâche : « Bouroche eut un rire involontaire en procédant à la ligature, car il n’avait mis que trente-cinq secondes. »


b-    Omniprésence du sang (champ lexical) : avec son tablier sanglant- se vider de tout son sang - Il regarda vivement son épaule, la vit tranchée et saignante- ensanglantèrent –
   Le médecin est décrit comme un boucher. Il utilise le même instrument (couteau) et découpe l’homme en morceaux…


c-    Des évocations affreuses :
« aperçut ce bras qu’un infirmier emportait, derrière les cytises »
                 « on lava violemment la toile cirée et la table ; et les seaux d’eau rouge qu’on jeta de nouveau, à la volée, au travers de la pelouse, ensanglantèrent la corbeille blanche de marguerites. »

 

 

  • 3- Un vrai héros ?

 

Le texte insiste sur la supériorité de Bouroche sur l’humanité moyenne

a- Il est supérieur socialement parlant : il tutoie le soldat qui le voussoie.


b- Il est un homme supérieur : d’un coup d’œil, il dut voir la gravité du cas.


Son calme léonin est souligné par le contraste avec Delaherche : Delaherche, glacé, aurait voulu fuir.//Cela était joli…

c-    Surtout, il est décrit un peu comme un dieu : que sa crinière léonine/ sur son passage, les hommes se soulevaient/ des balbutiements de prière le suivaient, des doigts tâtonnants effleuraient ses vêtements./

 

 

  • Conclusion


Paradoxalement, comme c’est souvent le cas chez Zola, le roman naturaliste devient épique et le personnage s’approche un peu des clichés romantiques. On a donc finalement un texte assez caractéristique de l’écriture de Zola. Précision réaliste, description crue du réel et pourtant démesure épique.

 

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Auteur de ce document: M. Jean-Luc Riffault

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