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Notes

Extrait de « La consultation », Les Thibault.


Roger Martin du Gard (1881-1958) surtout connu pour son roman fleuve (« roman de longue haleine ») où il retrace la saga d’une famille, les Thibaud , en racontant la disparition de deux frères Jacques et  Antoine dont l’histoire s’achève avec la guerre de 14. Dans cette œuvre il décrit la bourgeoisie française d’avant guerre et la montée inéluctable à la guerre . Dans cet extrait du roman La consultation, l’auteur met en scène Antoine qui est médecin.

L’impression produite par le passage : la complexité des personnages. Des êtres doubles qui s’éloignent du caractère manichéen du héros. Comment est-ce produit ? Par un jeu subtil sur les points de vue.


1- Le patient

 

Point de vue externe

Point de vue omniscient

Evocation de la souffrance et du courage du personnage :
« S’assombrit brusquement »
« secoua piteusement la tête »
« devenu silencieux »
« essaya de sourire »
« serra les poings…grosses larmes »

Mais les informations données par le narrateur omniscient assombrissent le personnage :
Situation ridicule, il se fait soigner en cachette par un autre médecin que le sien (maladie honteuse contractée).

Grande solitude, grande fragilité : sa femme est la seule personne qui l’aime et c’est la seule à laquelle il ne puisse se confier.

 

2- Le médecin

 

Point de vue  externe et discours direct

Point de vue interne + notations omniscientes

Grande sollicitude apparente : cordial, attentionné. « Eh bien, dit-il résolument, il va falloir essayer le nitrate… »

Parfois un peu supérieur : « Voilà mon petit, un peu de courage…C’est douloureux mais indispensable ; et ça ne durera pas. Restez tranquille que je vous fasse u peu de cocaïne »

Mais très compétent et humain en apparence : « il est le quart, à quelle heure faut-il que vous partie d’ici ? »

On s'aperçoit du manque de charité du médecin qui porte un regard assez dur sur son patient :
« sa victime » « un pauvre diable de malade »

Le regard porté sur le patient souffrant est assez caustique : « comme une grenouille de dissection » - « gigotait comme un nouveau né qu’on change » _ Un certain mépris perce.

Confirmé par la notation omnisciente : « Antoine sourit : un sourire amical, encourageant, mais qui déguisait un sourire subreptice »

Et l’aspect inhumain de ce regard se confirme ensuite : «Rummelles pour lui est « moins qu’un malade, un cas ; et moins encore : une action chimique, le travail d’un caustique sur une muqueuse »

 

Un passage mettant donc en scène des personnages, non des héros. Des êtres complexes ayant des aspects très sombres.

 

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Auteur de ce document: M. Jean-Luc Riffault

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