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13.06.2016 15:51

Focalisation en classe de Seconde


 

  • I- Contexte pédagogique

   -    La notion de «focalisation» - autrement appelée «points de vue» est une notion particulièrement difficile à aborder, dans la mesure où elle tend, dans l’esprit des élèves, à se confondre avec la notion du «statut du narrateur». Pourtant, elle est importante afin d’analyser correctement les différents textes (notamment narratifs), les différentes images mobiles et images fixes qui constituent les supports privilégiés des professeurs de lettres, et que les élèves fréquentent quotidiennement dans leur vie personnelle, dans et en dehors de l’Ecole. Maîtriser et utiliser correctement cette notion forme un vecteur important pour révéler et mieux appréhender  le sens de ces supports.

   -    Le recours au cinéma permet de produire un cours dynamique et mieux à même de retenir l’attention des élèves ; en outre, il permet justement d’appréhender beaucoup plus facilement la notion de points de vue : tous les points de vue, et notamment le point de vue interne, sont visuellement accessibles et reconnaissables presque immédiatement : par l’intermédiaire de quelques questions bien choisies, telles que «Au travers de quel personnage voyons-nous cette scène ?» il est très facile d’amener les élèves à définir eux-mêmes ces nouveaux concepts.



  • II- Mise en oeuvre

Le cours est constitué de quatre périodes :

1) Environ 30 minutes : En partant d’un texte (en l’occurrence, un extrait du roman Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo et de quelques observations au sujet du narrateur - au travers duquel les lecteurs perçoivent les faits - les élèves sont invités à exprimer eux-mêmes une première ébauche de la définition du point de vue interne.

L’utilisation d’un vidéoprojecteur permet notamment de surligner les figures de style (en violet) ainsi  que les verbes de perception (en vert) - véritables clefs dès qu’il s’agit d’analyser le point de vue utilisé par l’auteur. En effet, les images servent à exprimer la vision des faits propre au personnage principal (Gilliat perçoit la pieuvre comme un monstre armé et donc, par la-même, ces figures de rhétorique rendent compte de la déformation de la réalité opérée par la vision particulière du protagoniste), tandis que les verbes de perception invitent également le lecteur à suivre description et narration à partir des sensations de Gilliat. Ce premier travail a permis à de nombreux élèves de comprendre assez rapidement, et sans même avoir recours à d’autres exercices de la phase de déduction (cf. infra, 2) ), la différence entre statut du narrateur et points de vue.

2) Environ 1 heure : La séance se poursuit par un travail réalisé à partir d’un document Powerpoint (cf. document joint). La trame de ce document est inspiré du travail produit par Jean-Luc Riffault, professeur de Lettres au lycée Jacques Coeur de Bourges : il se situe dans son prolongement, en tentant de l'améliorer. (Pour retrouver le matériau original, aller à l'adresse suivante, puis cliquer sur le lien « Utiliser une PAO pour travailler sur la notion de Point de vue » : http://lettres.ac-orleans-tours.fr/lecture/ ).


Il est préférable de poursuivre cette séance en salle informatique, chaque élève disposant ainsi d’un ordinateur et d’un casque. Toutefois, l’utilisation d’un vidéoprojecteur peut permettre à l’enseignant de continuer la séance dans une salle de cours classique. Les élèves sont ainsi amenés à réfléchir aux raisons pour lesquelles cette notion se nomme tantôt «focalisation», tantôt «points de vue» et, partant, d’en mieux saisir le sens. Par ailleurs, chaque élève doit prendre connaissance des définitions des différents types de focalisation.




Vient alors le temps d’appliquer - non plus en faisant intervenir les capacités d’induction des élèves, mais leurs facultés de déduction - ces nouveaux concepts, par le recours au cinéma. A condition que ces diffusions soient conformes au cadre légal (il convient de s'assurer de disposer des droits nécessaires à leur projection en classe) plusieurs extraits de films et quelques court-métrages sont exploitables, au choix :

-    Pour la focalisation interne : Le Homard, d’Artus de Penguern ; un extrait de Dans la peau de John Malkovich, de Spike Jonze; les premières secondes de Blow Out, de Brian de Palma ; A Merry Hunt, de Maurice Trouwborst (ce dernier court-métrage mêlant focalisations interne et externe).
-    Pour la focalisation externe : un extrait de La Vie de Jésus, de Bruno Dumont ; un extrait de La Vie moderne, de Raymond Depardon.
-    Pour la focalisation zéro : les premières secondes de Dogville, de Lard Von Trier ; les premières minutes du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet.

A l’aide des définitions des différents points de vue qui précèdent, chaque élève doit alors retrouver la focalisation - ou les focalisations - employée(s), en faisant précisément référence aux scènes vues, puis interpréter leur(s) utilisation(s) : créer une connivence avec le spectateur et lui apporter des informations nécessaires à une bonne compréhension, accentuer l’effet de surprise et renforcer l’originalité de la narration, renforcer le caractère effrayant de telle ou telle scène, exprimer le mystère entourant la psychologie de tel ou tel personnage, etc.

3) Environ 30 minutes : Après la correction de cet exercice, la séance se poursuit à nouveau par le recours au diaporama utilisé précédemment : les élèves sont alors invités à analyser un extrait de La Bête humaine, d’Emile Zola. Le recours à ce diaporama permet à chaque élève de progresser à son rythme, puisque l’exercice est interactif : à chaque réponse de l’élève est associé un parcours et une correction différents.



 


4)    Environ 1 heure : Enfin, cette troisième période laisse place à un nouveau réinvestissement des savoirs nouvellement acquis : à partir d’un extrait de film ou d’un court métrage vu au cours de la deuxième étape (cf. supra, 2) ) les élèves doivent rédiger trois courts textes (entre 10 et 15 lignes) utilisant des points de vue et des narrateurs différents. Ainsi est-il possible de leur faire narrer la scène qu’ils voient lors des premières secondes de Blow Out, de Brian de Palma, en respectant les consignes suivantes :
-    Utiliser la focalisation interne et un narrateur externe.
-    Utiliser le point de vue externe et un narrateur interne.
-    Utiliser le point de vue zéro et un narrateur omniscient.
Les élèves sont invités à employer des faits de style (champs lexicaux, métaphores, comparaisons, hyperboles, etc.) afin de mettre en valeur chaque focalisation utilisée.

 

  • III- Les compétences mises en oeuvre

Ce cours permet de consolider, voire de construire, différentes compétences essentielles à la réussite d’une bonne formation intellectuelle :

- Connaître un vocabulaire juste et précis pour désigner des objets réels, des sensations, des émotions, des opérations de l'esprit, des abstractions (compétence 1).

-    Rédiger un texte bref, cohérent, construit en paragraphes, correctement ponctué, en respectant des consignes imposées (compétence 1).

-    S'approprier un environnement informatique de travail (compétence 4).

-    Mieux connaître des oeuvres littéraires, picturales, théâtrales, musicales, architecturales ou cinématographiques majeures du patrimoine français, européen et mondial (ancien, moderne ou contemporain) (compétence 5).

-    Développer - en étroite relation avec les points 3) et 4) de ce cours (cf. supra), -l’autonomie des élèves (compétence 7).

 

  • IV- Pourquoi utiliser les Tice

 

Ce cours nécessite l’utilisation d’un vidéoprojecteur. Toutefois, l’utilisation de cet outil peut aussi être accompagné de l’emploi d’un ordinateur pour chaque élève, en salle informatique (cf. supra, 2) et 3) ). Le rôle des Tice est alors rendu remarquable pour deux raisons principales :
-    Rendre le cours plus dynamique, par la variation des supports (vidéoprojecteur et textes, ordinateur et films), et mieux permettre aux élèves de «faire le lien» entre oeuvres littéraires et cinématographiques.
-    Renforcer l’autonomie des élèves et leur permettre de mieux manipuler l’outil informatique (ces deux bénéfices allant de pair). Par là-même, cet outil permet à l’enseignant de mieux gérer l’hétérogénéité du niveau scolaire de ses élèves.

 

 

  • V- Bilan

Cette séance a permis aux élèves de travailler de multiples compétences et savoir-faire, qui englobent et dépassent les simples compréhension et application de la notion de points de vue : de l’oeuvre littéraire à l’oeuvre cinématographique, de l’oeuvre cinématographique à l’oeuvre littéraire, du texte à l’écran et de l’écran au texte, de la réception à la production, ce cours semble s’être avéré profitable à chaque élève.

 

 

 
Clément BIGOT
Lycée Edouard Branly, Dreux

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